Journée Associative du 20 septembre 2019 : discours du Président

Si l’honneur m’échoit de vous faire un brin de discours en cette occasion d’anniversaire, c’est peut-être du fait de mon âge, ou de mon ancienneté d’administrateur, ou de ma position de président, ou alors de ces trois particularités à la fois.

Avant d’évoquer ce qui est en lien avec le motif de cette journée associative, je voudrais vous féliciter de votre présence, témoignage de tout ce que vous faites, chacune et chacun, pour permettre à l’AMSP d’exercer ses missions auprès des personnes qui nous sont confiées.
Nous partageons le plaisir que nous avons aujourd’hui à nous retrouver nombreux dans une ambiance festive : une occasion pour mieux nous connaître et nous apprécier mutuellement. C’est d’autant plus intéressant et important que nous sommes devenus nombreux à l’AMSP et que nos activités quotidiennes nous situent dans un cadre plus retreint.
Je voudrais aussi que nous ayons une pensée pour celles et ceux qui n’ont pas pu se libérer aujourd’hui pour être parmi nous, afin de les associer à notre rencontre. Je vous invite à ajouter une pensée enfin pour celles et ceux qui nous ont quittés, et tout particulièrement pour Yohann Pollak, décédé récemment.

Nous fêtons aujourd’hui, vous le savez, les 65 ans de notre association. Elle a été créée en effet en 1954 ; ça fait bien 65 ans. Je le dis car nous avons eu souvent à l’AMSP l’habitude particulière de fêter les anniversaires et de célébrer les inaugurations au cours d’une année qui n’est pas celle qui conviendrait. Je me souviens par exemple, et d’autres s’en souviendront avec moi, que nous avons fêté nos 50 ans en 2005. C’est sans doute une façon de signifier que dans un anniversaire, l’important ce n’est pas tant le nombre d’années que le parcours : le constat de ce qu’on était au départ et de ce qu’on est devenu. Bien sûr c’est important de marquer et faire savoir qu’après toutes ces années on est encore là. Mais ce que nous fêtons principalement aujourd’hui c’est le chemin que nous avons parcouru ensemble pour en arriver là où nous en sommes.
A quoi bon évoquer le passé, penseront certains ; je leur dirais que ce sont nos racines. L’arbre pousse grâce à ses racines, nous aussi.

Pour ne pas abuser de votre attention, je vais faire aussi court que possible.

D’abord pour vous dire qu’en nombre d’années, le compte n’y est pas tout à fait. Notre fondatrice, Melle Charlotte Grawitz, n’est pas partie de zéro en 1954. Elle s’était mise en chemin bien avant en créant un centre d’enseignement ménager pour jeunes filles et jeunes femmes, activité qui n’a pas grand chose à voir avec notre secteur d’activité, mais qui révéla après la guerre la médiocre santé physique et mentale de certaines jeunes filles et les déplorables conditions de vie de leurs familles. Notre fondatrice décida alors d’ouvrir en 1951 une section d’internat pour 7 jeunes filles au sein de l’Ecole du Rouet au boulevard de Maillane. Ce n’était pas beaucoup, mais le départ était donné de ce qui deviendrait l’éducation spécialisée. La bonne réponse au besoin fit croître le nombre de pensionnaires, mais le financement privé était très aléatoire. C’est en 1953 que fut obtenu le premier agrément pour 30 adolescentes et le premier prix de journée.

En 1954, devant l’afflux des demandes était lancé un deuxième établissement sur le site de La Parade, et cette même année il fut décidé de scinder les nombreuses activités de notre fondatrice en 3 associations dont la notre.
Les axes de travail sur ces deux établissements étaient de nature médico-pédagogique et médico-professionnelle. Le cadre de cette époque était l’institutionnel et la volonté de notre association d’éduquer et former aux fins de placement en entreprise.
On en vit les limites et une petite section d’atelier de 15 jeunes filles fut créée. Elle était l’ancêtre des centres d’aide pat le travail puis ESAT et eut sa première autonomie financière en 1964.
Un troisième établissement, Les Chalets, fut ensuite ouvert en 1970 à Saint Joseph pour couvrir les besoins des quartiers Nord de Marseille.
Un secrétariat administratif fut créé en 1972, préfiguration d’un Siège.

En 1975, notre association qui s’appelait jusque là IMPP (Institut Médico-Pédagogique de Provence) décida de changer de nom pour marquer une évolution vers moins d’institutionnel et une ouverture plus large sur ses missions. Elle devint l’AMSP.

Après ces périodes de démarrage puis de consolidation sous l’effet de la loi de 1975, vint une période de développement et d’ouverture avec principalement :

  • La création d’une Direction Générale en 1983,
  • L’ouverture d’un nouveau CAT à La Parade en 1984,
  • Des groupes de réflexion entre 1990 et 1993 suite à la prise de conscience de la part croissante réservée aux problèmes de gestion,
  • La prise en charge de la MECS La Reynarde en 1995, en réponse à une première sollicitation externe : pour la première fois, de nouvelles racines (celles de l’association La Mazenode) s’ajoutent aux nôtres,
  • L’ouverture du Foyer de Vie L’Astrée en 2000, pour répondre au besoin des personnes qui n’ont pas d’autre solution en sortie d’IME (c’est le septième établissement de l’association),
  • La prise en gestion de l’IME La Marsiale en 2007, suite à la fusion de l’Association Maurice Chaix-Bryan au sein de l’AMSP (de nouvelles racines encore, celles apportées par le Docteur Henriette Hoffer),
  • L’ouverture de notre premier SESSAD à Valbrise en 2008, puis du SESSAD Le Chemin en 2009,
    Et vous connaissez bien la suite, plus récente, avec le transfert et le développement du Siège à Malpassé, l’ouverture du SESSAD Espéranza, et l’ouverture de la Maison d’enfant de l’Arbois, sans oublier les multiples pôles et services créés ici et là et notamment, dernière née, l’Unité d’Enseignement Élémentaire Autisme qui a ouvert ses portes le 2 septembre dernier.
    Ajoutons à ce panorama rapide toutes les initiatives et mises en œuvre de chacune et de chacun, là où il agit.

Ce parcours montre une suite d’initiatives, transformations, extensions, ou créations, venant de nous, et des réalisations dues à des sollicitations externes.
On peut y associer pour nous 3 modèles de comportement :

  • S’adapter, évoluer et innover pour bien répondre aux besoins,
  • Répondre positivement aux sollicitations externes,
  • Se structurer en conséquence.

Chemin faisant, vous l’avez constaté et ce n’est pas fini, d’autres racines se joignent aux nôtres : l’arbre a bien poussé, il a essaimé pour devenir une forêt.
Vous en êtes les acteurs : soyez en félicités, et remerciés au nom de toutes celles et ceux que nous accompagnons.

Charles Baratier

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